Famille ESCHBACH du Neuhof
Famille ESCHBACHdu Neuhof

 

Famille Eschbach

du Neuhof

 

 

Souche ESCHBACH

de

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visiteurs

Il y a un siècle

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Les carrioles brinquebalantes et les fiacres, suspendus dans les lames de leurs ressorts, débouchaient à Neuhof de sous le chemin de fer et, par le pont du Ziegelwasser qui agrafait la route empierrée, se dirigeaient plein sud. Dans leurs sillages flottait une gaze légère tissée de poussière. La cheminée de briques du moulin à porcelaine et le monument de Kléber se tenaient en sentinelles, de part et d'autre du chemin.

C'était dimanche et la tiédeur du soleil de septembre de l'an de grâce 1897 vidait la ville dans la verdure. Les passagers des voitures hippomobiles s'attiraient les lazzis des occupants du tram qui, nattant son panache, filait, à toute vapeur, le long de la chaussée frangée de jardins, de vergers, de prés et de champs, verts de choux, de pommiers, de persil, colorés de glaïeuls, d'asters et de dahlias.

Sur la route vers ce grand sud, les grincements des bandages métalliques des fiacres crissant sur les cailloux, accompagnés, pour les basses, par la respiration laborieuse de leurs chevaux poussifs, ne pesaient pas lourd en décibels. La pollution de ce monde à petite vitesse épousait encore la forme des crottins que les jardiniers riverains métamorphosaient en légumes et en fleurs. Tout ce qui roulait ralentissait aux premières maisons.

Avec son balcon, telle une grande guérite, avancé sur l'entrée, et le lanterneau d'observation qui en coiffe le faîte, la maison du professeur Reuss imposait la considération. Dans le parc alentour, le jeune automne n'avait pas encore doré les éventails du gingko biloba. Cette maison dans le feuillage et, en face, derrière des hêtres d'une

orgueilleuse santé, la résidence de belle disposition des demoiselles de Glaubitz, "le Couvent", défèrent à Neuhof une entrée d'un équilibre harmonieux. Sur les boutons de ces demeures s'accrochent les bretelles des routes d'Altenheim et de la Ganzau, bordées des maisonnettes et des premiers immeubles à étages de Neuhof.

 

La route d'Altenheim doit son nom à la localité située sur la rive badoise du Rhin. Altenheim était, avant 1840, facilement accessible, car le fleuve, étalé en de nombreux bras à faible courant, se franchissait aisément. De la couronne de belles propriétés qui entourait Strasbourg, le domaine de la Ganzau était déjà à cet endroit attrayant au cadre de vie exceptionnel.

Il m'aurait bien aidé l'ancien, le père Joseph Schneider du 20 de la rue des Hirondelles. Dans les années 50, assis devant sa maison basse, chauffant sa casquette au soleil, parlant de 70, de

1870, quand il avait 11 ans. Haut dans ses nonantes, d'une voix bien articulée, très harmonieuse et très fraîche, il évoquait le déboulé vers Strasbourg des pitoyables troufions défaits dans le nord de l'Alsace. Et il alignait les détails, les gravait net, au burin. Il m'aurait été bien utile pour me guider dans Neuhof du siècle dernier.

 

Pour remonter dans les lointains d'un endroit, pour le faire revivre, il faut escamoter, gommer des quartiers par pans de rues entières, les recouvrir d'herbe, de fleurs des champs et de buissons d'aubépine, faire couler des rivières dans des lits asséchés, raser des étages et des centaines de toitures, les faire voler au vent... reconstruire une localité, voir apparaître ses maisons basses, leur donner vie, faire circuler des carrioles, un tram, faire traîner jusqu'au sol les jupes des femmes, tresser les nattes des filles, tondre à zéro les tignasses des garçons, débarrasser tout ce qui rappelle le XXe siècle, replanter les anciens décors, ensuite, peut-être, un endroit reprendra vie, la vie d'il y a cent ans.

 

Vous entrerez dans des maisons, et de la brume des temps surgiront des noms, des professions, qui animeront des silhouettes et donneront un corps aux ancêtres. Après un siècle envolé, forcer leur porte, imaginer le cadre de leur existence, regarder pardessus leur épaule, expriment davantage le respect que la démarche indiscrète. Et ces lignes, pour les honorer, leur prêteront un peu de présence. D'ailleurs, ils vous attendent, bavardant sur le devant de leurs demeures ou musardant dans leurs jardins.

Aux rues, au nombre de 18, il faut ajouter les lieux excentrés de la Canardière, entre-temps annexée à la Meinau, du Rohrschollen et de la ferme d'Altenheim. Actuellement leur nombre est de 234. Les endroits du Rohrschollen et de la ferme

d'Altenheim ne sont plus habités.

 

401 adresses désignent un logement au rez-de-chaussée, 94 adresses un logement au 1er étage et deux adresses un logement au 2e étage. Ainsi, pour quatre cinquièmes de la population la vie se passait pratiquement à ras de terre. C'est l'un des aspects les plus marquants de la vie quotidienne à Neuhof au siècle dernier. A la fin du XIXe siècle, Neuhof comptait une population de 2 234 habitants, répartis dans 268 maisons (en moyenne 8,33 habitants par maison). Dans les familles nombreuses, la douzaine n'était pas l'exception, certains enfants, les aînés, dormaient été comme hiver, sur le galetas, dans des espaces exigus, sous les tuiles de la toiture.

L'architecture des habitations par tradition était simple. Les moyens des constructeurs étaient limités, eux aussi conformément à la tradition. Ceci expliquant cela, car aucun organisme de crédit ne proposait une aide

au plan pécuniaire. Il serait inconvenant de gratifier d'un sourire amusé l'aspect et la taille réduite de ces bicoques. Le même style fleurirait à notre époque, si les entreprises devaient construire avec les seuls apports personnels.

En 1897, les travailleurs tiraient des journées de 10 à 12 heures, du lundi 7 heures au samedi 19 heures. Les loisirs étaient rares. L'essentiel des salaires était résorbé par l'alimentation. Le pain frais n'était pas quotidien. Les grosses miches devaient durer la semaine. Le commerce avec le boucher était à peine hebdomadaire, épisodique avec l'épicier. L'environnement agricole, la culture d'un lopin personnel, celle d'un petit jardin, concédaient une relative autarcie et permettaient

de diversifier les subsistances.

 

Les habits des hommes n'encombraient pas les penderies. Il y avait la tenue de travail, l'increvable pantalon de velours côtelé, et le costume de dimanche, en gros le costume de confirmant ou de premier communiant jusqu'au service militaire, et le costume du mariage pour les années à suivre.

Choisir une paire de chaussures pour sortir ne posait pas de problème. Leur nombre, dans les meilleures conditions, était de deux. Celles "de travail" — à clous pour les ouvriers et autres manuels, bottines à lacets pour les bureaucrates et les notables — et celles "du dimanche". Le jour du Seigneur on relaçait, toujours noire et à tige, la paire achetée pour les cérémonies essentielles, première communion, confirmation, mariage. Les sabots avec les chaussons en feutre gris ou noir, servaient, non seulement au jar­dinage, mais chaussaient surtout les enfants des écoles. Dans les frimas de l'hiver, la neige, en grosses tartines, collait à la semelle de ces "moonboots" à l'ancienne. Pour les glissades, par contre, c'était le nec plus ultra.

 

Pour les ouvriers, la Dächelskapp, littéralement le bonnet à marquise, était en principe le symbole de leur état. Plus tard, dans la turbulence des mouvements sociaux, le port nu-tête signalera l'émancipation.

 

 

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© Jean Louis Eschbach