Famille ESCHBACH du Neuhof
Famille ESCHBACHdu Neuhof

 

Famille Eschbach

du Neuhof

 

 

Souche ESCHBACH

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visiteurs

Face à l'adversité

 

 

Entraide, secours, charité, bienfaisance, aides, dévouement, autant de synonymes et autant d'élans du coeur, sans lesquels la vie communau­taire aux avant-postes de l'indigence, n'était pas imagi­nable. A Strasbourg, les difficultés n'étaient pas l'apa­nage exclusif de Neuhof. D'une bicoque à l'autre, des gestes de bonté reliaient les moins pauvres aux déshérités, pour en modérer la lancinante pénurie.

 

Ces gestes entre voisins, si simples qu'ils en deviennent sublimes. Un demi-verre d'huile que l'on prête, un peu de lait pour un moutard, quelques pommes que l'on offre, du pain que l'on donne... Dans le contexte socio-économique concerné, les possibilités d'une épargne substantielle étaient pratiquement inexistantes, en particulier pour la classe ouvrière. Pour les classes moyennes, l'épargne se résumait en quelques pièces, péniblement grappillées, tintinnabulant, à l'occasion, dans une boîte en fer blanc, ou en de rares billets, enserrés entre les piles de draps de lit, et fleurant l'odeur des boulettes antimites.

 

Dans ces conditions, la présence d'une banque, d'une caisse d'épargne, où même d'une poste, n'était pas absolument requise. Ce n'était, pas encore, leur époque. Les Hilfsvereine, par contre, avaient le vent en poupe. La dimension de la précarité notoire ne pouvait, entre gens civilisés, que générer la bienveillance réci­proque, mais, il est vrai, ponctuelle. Cette sollicitude épisodique devint plus efficace quand la création de sociétés d'entraide, poussant urbi et orbi, en assura une gestion organisée et permanente.

 

Pour Strasbourg-Neuhof, les sociétés d'entraide (Freie Hülfskassen) suivantes figuraient dans le livre d'adresses de 1898 :

  • La Providence de Neuhof, présidée par Jakob Kapp (1, Umbruchweg Neuhof) et siégeant au n° 11 de la rue de la Ganzau.
  • L'Union, présidée par Emile Usché et siégeant au n° 191.
  • La Concorde de Neuhof, présidée par Joseph Hubert (19 Königsweg, Neuhof) et siégeant au n° 62 de la route du Polygone.
  • Die Wohltätige (La Bienfaitrice), présidée par Edouard Heineck de Neuhof et siégeant au restaurant "La Lanterne" située dans l'actuelle rue Gutenberg à Strasbourg.
  • Sterbecassen-Verein zu Neuhof, Stadtkreis Straßburg, présidé par le serrurier Fr. Marchai (n° 46, Neuhof) et siégeant au restaurant "Au Chasseur Vert" (restaurateur Eschbach n° 172 Neuhof).
  • Männerunterstützungsverein in Neuhof (Société d'entraide des hommes), présidé par le cordonnier Aloyse Eschbach et siégeant au restaurant "Au Chasseur Vert" situé au n° 93 à Neuhof.
  • Kranken-Unterstützungsverein in Neuhof (Société d'aide aux malades de Neuhof), présidé par le grutier municipal Max Hess (n° 4a chemin des Cygnes, actuellement rue des Hirondelles) et siégeant au restaurant "Au Cygne" à Neuhof.

Il y a belle lurette que l'important immeuble, vis-à-vis de l'église catholique, avec sa Coop, de longue tradition, a écrasé de son poids le "Chasseur Vert", "D'r greene Jäger", cet endroit de prédilection

 

— et pour cause — de certains "fidèles" de Neuhof. Les lignes qui suivent relatent un comportement populaire. Supposer qu'elles engagent une quelconque polémique ou adoptent une attitude irrespectueuse, serait hors de propos. Durant des lustres, dans un face à face perpétuel, ce restaurant et l'église entretenaient des rapports intrigants. Une entente tacite semblait les unir, sous forme d'une paix royale, accordée vice versa. Ce voisinage, à la longue, conféra à la Weertschaft un qualificatif normatif, par la dénomination de Gebätsbeeschel (le livre de messe). La filiation de ce dernier nom reste obscure, ce qui n'empêche pas l'imaginaire populaire de briller d'un éclat intéressant. Les "fidèles" s'attardaient pour un Stamm (un demi) ou un "Amer", avant et pendant le sermon de la grand-messe, au grand dam du révérend voisin, ne traversant la place que pour le Säja (la bénédiction). Pour équilibrer cette attitude mécréante, le Gebätsbeeschel accueillait la "Société d'entraide des hommes de Neuhof" et la mémorable Neuhöfler Markkasse — die Mariklad — qui, pour le dépôt régulier d'un mark, prenait en charge les frais d'obsèques de ses adhérents.

Le restaurant "Aux Deux Clés" ("Die Zwaï Schleessel") occupait l'emplacement de la résidence d'Evelyne et de son mari, mon compagnon de carrière, le docteur Jean-Pierre Roth. Nous avions, en de jeunes années, fortuitement mis à jour, dans le jardin, un bel ouvrage de maçonnerie voûté, en briques, un genre de citerne, qui était, selon toute vraisemblance, le terminus des installations sanitaires du restaurant. Cette enseigne "Aux Deux Clés" apporte une note moralisatrice. Le client qui passe sous elle, possède les clés et le choix de deux portes.

Celle de la consommation modérée qui conduit vers le véniel arrondi des angles, l'olympe à 0,5 ou celle de l'imprégnation permanente, hors contrôle, la galère. "Aux Deux Clés"... à chacun de choisir. L'association "Amitié" dont l'aide intervenait en cas de maladies ou de décès de ses membres y avait son siège social.

Le grand Germain Muller, l'ami, notre inoubliable porte-parole, remarquait, en alsacien un tantinet mordant, que "lorsqu'un bistrot fermait, une banque en occupait les lieux". Et que "le marbre des banques était comme stèles funéraires de toutes les affaires qui avaient déposé le bilan".

 

Qu'un cabinet médical vienne se construire sur le lieu d'un restaurant revêt une signification différente. Que ce cabinet médical soit, à l'incitation du docteur Roth, le siège de la première association de deux médecins généralistes d'Alsace, voire de France, est une autre "première" à l'honneur de Neuhof.

 

Une liste des sociétés d'entraide, plaisante à parcourir et non exhaustive, préfigurait longtemps avant l'heure, le dîner de têtes de Prévert. L'entraide semble avoir eu à s'exercer à tous les niveaux, au bénéfice de toutes les tendances. Le besoin de bienfaisance remuait... les femmes de militaires, les femmes patrio­tiques, les évangéliques, les suisses, les malades, les prisonniers libérés, les anciens élèves du Gymnase, les jeunes filles, les adeptes du repos à la campagne, les chercheurs d'appartement, les donneurs de conseils juridiques, les engagés dans la lutte antituberculeuse, les employés du chemin de fer, les institutrices, les chanteurs, les cordonniers, les contrôleurs de wagons, les imprimeurs, les médecins, les veuves et orphelins, les menuisiers, les hommes de peine et commissionnaires, les chefs d'atelier, les ouvriers, les veuves et orphelins de chantres de synagogue, les conducteurs et chauffeurs de locomotive, les instituteurs, les boulangers, les restaurateurs...

 

 

 

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